CLAIRE DIOT
Membre du jury | Under My Screen, saison 17Il y a des visages qui semblent tout droit sortis d’un film. Avec sa frange noire, son regard bleu qui vous regarde droit dans les yeux et son allure d’héroïne de cinéma indépendant, Claire Diot pourrait avoir été imaginée par un réalisateur britannique amoureux de ses personnages féminins. Quelque part entre Effy Stonem et une fairy from the highlands sortie de Camden.
Mais attention aux apparences. Derrière ce regard qui pourrait faire croire à un flegme absolu se cache un rire qui s’entend à plusieurs kilomètres, une connaissance plutôt fine des pubs de Londres et une conception de la soirée qui commence lorsque les autres pensent qu’elle se termine.
Claire est un joli paradoxe britannique. Elle respecte scrupuleusement les files d’attente, admire l’ordre et la courtoisie anglo-saxonne mais pourrait envisager une déclaration de guerre silencieuse contre quiconque stationne du mauvais côté d’un escalator. Elle rêve d’un cottage dans les Cotswolds, mais son cœur bat aussi au rythme des concerts de Hackney. Elle aime le calme. En théorie.
Londres n’est d’ailleurs pas pour elle une simple destination de week-end. C’est une ville qu’elle a habitée, étudiée, arpentée, aimée et baignée culturellement pendant cinq ans. Diplômée en production cinématographique de l’université de Westminster, Claire y a appris les métiers du cinéma mais aussi cet art très britannique de conjuguer discipline et irrévérence.
Car Claire ne se contente pas de regarder les films. Elle les fabrique. Scénariste, réalisatrice, scripte, assistante à la réalisation, maquillage : elle a exploré les plateaux sous presque toutes leurs coutures. Des courts-métrages sélectionnés en festivals à une réalisation pour la Jimmy Choo Academy à Hong Kong, en passant par le Marché de Cannes et une épopée dans le département décor pour Netflix (Bandi), elle appartient à cette génération qui ose ouvrir les portes et pour qui l’impossible n’est pas recevable.
Son parcours a commencé sur les planches du Cours Florent. Sans doute une façon précoce de comprendre que, pour raconter les autres, il faut d’abord pouvoir se glisser dans leur peau.
Côté cinéma, ses goûts disent aussi beaucoup d’elle. Elle pourrait revoir Les Banshees d’Inisherin cent fois et y laisser cent fois une larme. Elle aime l’insolence de Trainspotting, le réalisme de This is England, le charme cabossé de Jack O’Connell et les héroïnes qui ne demandent la permission à personne. À dîner, elle inviterait Rowan Atkinson, histoire de vérifier si Mr Bean est aussi drôle lorsqu’il parle.
Et si elle devait se définir à travers un personnage ? Mary Poppins, évidemment. Elle possède également un sac qui contient mille trésors, mais dont elle tire un mal de dos.
Son entrée dans le jury d’Under My Screen a donc quelque chose d’une évidence. Elle connaît le cinéma de l’intérieur, celui des idées folles, des budgets à trouver, des équipes à convaincre, des tournages interminables et des émotions qui survivent au générique. Elle apporte un regard de jeune professionnelle, nourrie de culture britannique, d’exigence et d’une bonne dose d’indépendance.
Sa devise ? Keep calm and get it together.
On aurait pourtant tendance à lui en proposer une autre : Keep calm and let Claire surprise you. Parce qu’entre un Sunday Roast, les Beatles, un château hanté en Écosse et une nuit qui s’éternise dans une cuisine avec du thé, Claire semble avoir déjà compris l’essentiel : les meilleures histoires commencent rarement là où on les attend. Et se terminent encore moins à l’heure prévue…
