DAVIA BOURGEOIS

UNDER MY SCREEN · SAISON 17 · PORTRAITS DU JURY
ni sage, ni docile, so British !

Elle aime la pluie, les tempêtes dans les tasses de thé, les énigmes de Sherlock Holmes et les chansons d’Oasis. Elle rêve de dîner avec Virginia Woolf, mais se reconnaît dans la Panthère rose. Autant dire que, derrière son élégance britannique, il y a une fantaisie qui ne demande qu’à s’échapper.

Première qualité britannique revendiquée : elle aime la pluie. Voilà qui pose immédiatement le décor. Un ciel gris, les pavés mouillés de Londres, un parapluie un peu capricieux et, quelque part, une chanson d’Oasis. N’importe laquelle, précise-t-elle. On soupçonne que Wonderwall ne serait jamais très loin.

Mais ne vous fiez pas à cette apparente mélancolie anglaise. Chez Davia, le brouillard se dissipe vite. Car sous le trench-coat imaginaire de notre nouvelle jurée se cache une femme qui a choisi la curiosité comme boussole, la liberté comme territoire et l’humour comme meilleur antidote aux contrariétés.

Son credo irlandais ? « It’ll be grand ! » Tout finira par s’arranger. Et si rien ne s’arrange, on trouvera une autre solution. Une philosophie qui tient à la fois de l’optimisme, du pragmatisme et d’une certaine désinvolture face aux catastrophes.

Pour elle, la vie est peut-être une tempête dans une tasse de thé. Mais tant qu’il reste du thé, rien n’est vraiment perdu.

Davia est une exploratrice. Pas de celles qui traversent les océans avec une boussole, mais de celles qui naviguent entre les idées, les arts, les époques et les êtres humains.

À la radio comme à la télévision, elle a fait de la parole un art de la rencontre. Sur France 3 Corse ViaStella, où elle présente notamment l’émission culturelle Totem, elle ouvre des fenêtres sur l’histoire, la création, la littérature, les figures singulières et les questions qui traversent notre société. Elle écoute, interroge, raconte, fait dialoguer les mémoires et les sensibilités.

Et lorsqu’elle quitte les plateaux, c’est parfois pour retrouver la scène des conférences, notamment autour de l’œuvre de Virginia Woolf. Virginia Woolf, justement. Son invitée idéale à dîner. Sans la moindre hésitation.

On imagine volontiers la rencontre. Deux femmes, une table, des livres, quelques questions existentielles et une conversation qui s’étirerait jusqu’à l’aube. Il serait question de liberté, de création, de la place des femmes, du temps qui passe et de cette chambre à soi dont on mesure encore aujourd’hui toute la nécessité.

Car Davia admire chez les Britanniques ce qu’elle revendique elle-même : l’excentricité, la liberté et cette manière souveraine de se moquer du regard des autres.

Un goût pour l’indépendance qui explique peut-être son affection pour Sherlock Holmes. Londres serait sa ville. Holmes, son personnage. Les adaptations de Guy Ritchie, ses films à revoir sans modération.

Il faut dire qu’il y a quelque chose de très « daviesque » dans cette manière d’observer les détails, de flairer les histoires et de chercher ce qui se cache derrière les apparences. Une journaliste, après tout, n’est-elle pas une détective dont les indices seraient des mots, des regards et des silences ?

Mais au moment où l’on croit avoir cerné notre Sherlock Holmes insulaire, Davia nous échappe avec une pirouette.

L’acteur qui lui ferait perdre son sang-froid ? La Panthère rose.

Le personnage de cinéma auquel elle ressemble ? Encore la Panthère rose.

Élémentaire, mon cher Watson : nous venons de perdre le fil de l’enquête.

Et c’est précisément ce qui la rend attachante. Derrière la femme de culture, la passionnée de littérature, la férue d’Histoire et l’observatrice attentive, il y a cette fantaisie tendre et absurde, ce goût du décalage qui permet de ne jamais prendre le monde, ni soi-même, trop au sérieux.

Une Panthère rose qui aurait lu Virginia Woolf, en quelque sorte. Et qui enquêterait sur le sens de l’existence en fredonnant Oasis.

Ses rêves britanniques racontent d’ailleurs une personnalité pleine de contrastes. Elle choisirait une loge au Royal Albert Hall plutôt qu’un cottage ou un pub, mais c’est bien dans un pub irlandais qu’elle referait le monde jusqu’à fermer l’établissement, devant un fish and chips…

Sous cette fantaisie se dessine aussi une femme de convictions. Lorsqu’on lui demande sa réplique de cinéma préférée, elle convoque Chaplin dans Le Dictateur et son appel à une humanité plus fraternelle, où le bonheur des uns ne saurait se construire sur le malheur des autres.

Le choix n’est pas anodin. Derrière l’humour, la conscience. Derrière la légèreté, une certaine idée du monde. Et derrière l’excentricité, une attention profonde à ce qui nous relie.

Son côté punk ? Un seul mot : la liberté.

Pas besoin de cheveux fluos, de piercings sauvages ou d’épingles à nourrice. Chez Davia, le punk est une manière d’être. Penser librement, choisir son chemin, ne pas se laisser enfermer dans les cases que d’autres ont dessinées.

Sa devise résume parfaitement cette philosophie : « The journey is the destination. »

Le voyage est la destination.

Et quel voyage ! Des studios de ViaStella aux pages de Virginia Woolf, des énigmes de Sherlock Holmes dans les rues de Londres aux conversations interminables des pubs irlandais, Davia avance avec cette curiosité qui transforme chaque détour en découverte.

Alors, lorsqu’on lui demande quelle folie elle rêverait d’accomplir au Royaume-Uni ou en Irlande, sa réponse tombe, simple et définitive : s’y installer…

En attendant, elle rejoint le jury d’Under My Screen avec son regard de journaliste, sa sensibilité littéraire, son goût pour les histoires et cette liberté d’esprit qui fait les spectateurs les plus précieux. Ceux qui ne se contentent pas de regarder un film, mais cherchent à comprendre ce qu’il raconte du monde et de nous-mêmes.

Et si, pendant le festival, le ciel d’Ajaccio venait à se couvrir, ne cherchez pas Davia du côté des parapluies.

Elle sera probablement dehors, heureuse, le nez levé vers les nuages.

Keep calm, Davia. And let it rain.